LOGIQUE MÉDIATION
Florac, St-Jean-du-Gard, Cévennes, Gard, Lozère, région Sud, visioconférences
ÉCOUTE
GESTION DES CONFLITS
ACCOMPAGNEMENT DE GROUPES

Je vous propose dans cet article une synthèse de mes connaissances et pratiques sur le sujet de l'intelligence émotionnelle, acquises depuis plus de 20 ans. J'espère vous y transmettre ma passion pour la relation authentique, à nous-même et aux autres et vous faire découvrir certains de mes rituels et outils qui peuvent nous remettre sur le chemin d'une humanité apaisée et en équilibre avec ses écosystèmes.
INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE
POUR NOS RELATIONS ET NOS GROUPES
Malraux disait que le 21ème siècle serait spirituel ou ne serait pas, il devra aussi être émotionnel. Plus précisément, il devra remettre l'intelligence de l'esprit au service de celle du cœur. Nous allons explorer comment. Comment l'émotion, lorsqu'elle peut-être reconnue, exprimée, reliée à nos besoins et valeurs essentielles, pour soi et pour les autres va nous permettre de passer de relations délétères, explosives ou morbides à des liens libérés de leurs chaînes, laissant toute leur part à nos créativités et joies de vivre.
Pour cela, nous évoquerons dans un premier temps les mécanismes qui empêchent l'émotion de remplir sa fonction naturelle de témoin préalable à l'action juste et qui enferment les individus dans un monde belliqueux et dénaturé, pour ouvrir sur les outils communicationnels essentiels et novateurs qui nous permettront d'appréhender nos émotions de manière à ce qu'elles soient à nouveau au service de la vie.
Non-équivalence
Beaucoup de nos conflits interpersonnels et collectifs non-réglés, dont la somme se manifeste au niveau global par les oppressions, les guerres, et les atteintes à la nature, naissent d'une communication défaillante, anxiogène ou "verticale", c'est à dire basée sur des rapports de domination, de soumission, ou d'évitement , institutionnalisés ou non et souvent subtils, entre les êtres humains que nous sommes et qui aspirent pourtant à être considérés comme tels.
Patricia Patfoort, conférencière et médiatrice dans le domaine de la transformation des conflits, invite ainsi à passer dans nos relations d’un rapport déséquilibré « Majeur-mineur » traduisant des postures asymétriques, que l’on retrouve à travers les complexes psychologiques (supériorité/infériorité par exemple) et autres troubles de la personnalité, à une relation d’équivalence entre deux individus, qui en déverrouillant les flux d'informations va favoriser une communication plus fluide.
L’Analyse Transactionnelle(AT), grand courant de la psychologie américaine, selon une formulation différente mais des principes identiques, encourage à des rapports « Adulte » - « Adulte » plutôt que « Parent » - « Enfant »,* légitimes dans leurs aspects positifs , certes, durant l'enfance, mais qui lorsqu’ils sont trop conservés figent plus tard les parties progressivement dans des rôles paternels ou maternels souvent malsains.
Une configuration déviante que l’on retrouve dans le triangle dramatique de Karpman, Persécuteur/Victime/Sauveur, l’apanage du premier étant de punir, le second de s’auto-flageller et le troisième de donner toujours ses " bons conseils", quand il ne s'agit pas de faire la leçon. Des rôles qui au sein d’une même discussion peuvent s’intervertir, voire se confondre, même s’il n’y a que deux personnes.
Car il s’agit de jouer avec le sentiment de culpabilité qui va bloquer au final toute forme de communication, via le sentiment de honte qu’il provoque et entretient, la victime, elle, se complaisant dans des positions de soumission ou de contre-accusation maladives.
On retrouve cette logique poussée à l’extrême au sein des relations toxiques, où les pervers narcissiques, les personnalités tyranniques, ou autres dépendants affectifs se tirent la bourre à cœur joie sans avoir la possibilité de pouvoir en sortir et que les organisations sociales pyramidales favorisent grandement.
*Selon une autre terminologie couramment usitée et développée par l'école de Palo Alto(USA), on parlera de position «haute » pour une posture dominante et « basse » pour la posture d'humilité qu'invite la relation d'aide par exemple. Elles seront sinon appelée « complémentaires » en cas de consentement.
Le « chacal » de la communication non violente (CNV)
Mais il ne faudra pas attendre d’en arriver à de tels cercles vicieux pour réaliser que chaque fois que nous nous comportons en ce que M.Rosenberg* appelle des chacals, nous avons de fortes chances de provoquer un triangle dramatique….
D’après le créateur de la CNV, le comportement chacal consiste principalement à adopter les modes de communication suivants, qui incitent à des paroles et des "comportements violents », une communication qu'il appelle « aliénante », ou « qui coupe de la vie » :
- Les jugements moralisateurs (critiques, reproches, étiquetages, insultes, diagnostics,...)
- Les généralités, parler en « on » (la généralisation est souvent un mécanisme de défense et de décharge émotionnelle)
- La notion de « mérite »
- Le refus de responsabilité (« il faut », « je dois », « ce n’est pas de ma faute», « j'étais obligé.e », « ce sont les ordres »...)
- Faire des comparaisons
- Confondre demandes et exigences
Absence d'écoute
Être chacal, c'est aussi empêcher ses interlocuteurs, dans une conversation, d'aller au bout de ce qu'ils ont à dire. Schéma extrêmement fréquent, il se traduit par le fait classique d’interrompre et de chercher à avoir raison, de répondre plus que de vouloir entendre, qui se traduisent par une liste d'écueils parfois très subtils que sont le fait de vouloir, sans l’accord de l’autre personne:
- Corriger, convaincre
- Consoler, rassurer
- Dévier sur des anecdotes
- Clore la question
- Compatir
- Interroger, investiguer
- Expliquer, analyser, (se) justifier
- Conseiller
- Surenchérir
- Moraliser, accuser, défendre
- Dédramatiser, se moquer
- Chercher à solutionner
- Mettre de l'huile sur le feu
Liste à laquelle on pourrait rajouter par exemple le fait de ramener à soi, déformer, exagérer, travestir les propos, manquer de politesse, adopter une attitude non-verbale manifestant un manque de présence(smartphone par ex) ou passer en mode « accusation », quand il ne s’agit tout simplement pas d’ ignorer les propos de l'autre personne...
Le « système SAPPE » de l' Écologie Relationnelle
La description du langage "chacal" de la CNV trouve sa correspondance dans l’œuvre de Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain prolifique spécialisé dans le domaine de la relation, auteur de la méthode E.S.P.E.R.E ( Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) et qu’il appelle le « système SAPPE (Sourd, Aveugle, Pernicieux, Pervers, Energétivore) » caractérisant les effets sur les protagonistes des discussions ou règnent les injonctions, les menaces, les dévalorisations, les disqualifications, les culpabilisations ou le chantage, menant inévitablement à des rapports de soumission et de lutte.
Araignée VS Tigre, ou le yin et le yang de la violence
Olivier Clerc, auteur de best-sellers dans le domaine de la relation et du développement personnel, distingue par ailleurs, lui, deux types de violence : l’une qu'il nomme araignée, c'est à dire larvée, froide, insidieuse, toute faite de manipulations mentales et psychologiques (mensonge, mépris, médisance, insinuations, non-dits, persiflage, comportements de fuite, mutisme, ghosting* et tout ce qui est associé à une violence dite passive-agressive...) l’autre qu’il appelle violence tigre, beaucoup plus "primaire" et facile à mettre en exergue car chaude et explicite, à l'image d'une agression physique ou verbale caractérisée. (Le Tigre et l'Araignée, les deux visages de la violence, Jouvence).
*faire le mort
Les relations intimes, un révélateur
Ces modes de « non-communication » se retrouvent aussi dans les relations entre partenaires, sous des formes assez spécifiques, comme a pu l'établir par exemple C.Bushong dans son ouvrage "Les 7 erreurs à ne pas commettre dans un couple" :
1. Imposer l’intimité (c.a.d ne pas respecter le rythme et le consentement du partenaire dans l’accès à son intimité, physique ou psychologique)
2. Vouloir secourir l’autre
3. Considérer l’autre comme quantité négligeable
4. Vouloir avoir raison
5. Attendre que l’autre devine nos pensées
6. Jouer les martyrs (Calimero)
7. Laisser mourir la passion
Liste non exhaustive, bien entendue, qui pourra être complétée par l'expérience d'autres spécialistes, nombreux, dans le domaine, qui pourront apporter d'ailleurs leurs solutions dédiées: médiations, thérapies diverses bien sûr, ou méthode IMAGO par exemple, qui s'inspire directement des 4 étapes de la CNV (voir plus loin).
Consentement
Parmi toutes les notions abordées dans cet article, il en est une qui est devenue incontournable ces dernières années, en lien notamment avec les violences sexuelles, et qui ont en particulier fait l'objet du mouvement Metoo: c'est le consentement.
Cette notion est centrale car elle est souvent la pierre d'achoppement dans nos relations affectives, sociales, privées, professionnelles ou citoyennes.
Certains milieux à la pointe en ce domaine (gouvernance partagée, relation d'aide, thérapie, psychologie humaniste, féministe, queer, développement personnel, sexualité dite "positive", néo-tantra..) essaient de remettre du discernement entre le subi et le consenti, ainsi que le droit et la faculté de dire "oui", "non"," je sais pas"," peut-être", "pas encore", " pas comme ça", " je ne souhaite pas répondre maintenant,.." dans nos interactions, quelles qu'elles soient. La difficulté à y réinstaurer le consentement, outre le caractère potentiellement subversif vis-à-vis de l'autorité d'une telle notion, demeure, en raison des nombreux biais dont elle souffre, largement répandue dans notre culture. La philosophie, qui nous rappelle notamment à la confusion qu'il peut y avoir entre amour et désir, réel et imaginaire, sincérité et pulsion, besoin et stratégie, tente de mettre en lumière les blessures induites par nos conflits internes à ce sujet, mais reste malheureusement trop souvent écartée de ces approches.
Néanmoins, la thématique du consentement constitue l'un des piliers du "changement de paradigme", c'est à dire la doctrine éco-humaniste invitant à passer d'une société basée sur la domination et la soumission, à celle fondée sur des rapports d'équivalence et de respect de nos droits fondamentaux.
LES OUTILS DU CHANGEMENT
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Les 4+3 étapes de la CNV
Pour parer à ces écueils, Rosenberg a ainsi formulé sa célèbre (et incontournable) méthode des 4 étapes (Observation-Sentiment-Besoin-Demande, ou « OSBD », que l'on pourra prendre l'habitude d'utiliser dans nos échanges:
1.Observation : Les faits : à quoi je me réfère, que s’est-il passé selon ma perception?
( attention à ne pas confondre fait et jugement : ex : Paul est un footballeur moyen car il se fait tout le temps remplacer = généralité+ jugement
≠
Paul s’est fait remplacer aux 3 derniers matchs de foot = fait)
2.Sentiments : Comment me suis-je senti à ce moment-la?
(attention à ne pas confondre sentiments et jugements déguisés :
je me « sens » exploité= faux ressenti + jugement ou « je sens que je vais t’en mettre une = intention, qui plus est menaçante»
≠
Je me sens déçu parce que j’ai l’impression d’être mal payé par mon employeur = sentiment + impression exposée comme telle)
3.Besoins : Quels besoins n’ont pas été et donc veulent être assouvis ?
(Attention : besoins ≠ stratégies/demandes pour arriver à une fin) j’ai besoin que tu me donnes de l’argent = stratégie pour arriver à une fin
≠
J’ai besoin de manger et de me loger = besoins authentiques ( de nombreux besoins universels(120 à 150 minimum) ont été recensés : vitaux, sociaux, affectifs, intellectuels... ex : reconnaissance, paix, calme, joie, amour, sécurité, respect, vérité, partage…)
4.Demande : Ai-je une demande à faire pour tenter de résoudre le problème?(Concrète, Réalisable, Au présent, Adressée à quelqu’un, en langage d'action Positive, Précise, Ouverte, c'est à dire qu'on ne confondra pas avec une exigence: CRAAPPO)
Étapes auxquelles des auteurs ultérieurs ont rajouté, bien que ceux-ci soient généralement inclus dans la précédente:
-une 5ème :demande de reformulation et connexion aux besoins de l'autre
-une 6ème : recherche de solutions communes et célébration (CNV+)
-et une étape zéro, préliminaire aux précédentes: vérification de la disponibilité de l'autre (élan, temps, énergie ETE) et de sa propre « intention personnelle», qui conditionne toutes les autres et qui s’avérera précieuse avant toute tentative de discussion, surtout lorsqu’on est sous le coup d’une émotion forte ou d’un ressentiment profond et qu’il y a risque d’escalade, nécessitant dans ce cas une prise de recul et l’emploi de techniques adaptées de gestion de la colère ( respiration, décharge émotionnelle, recherche d’empathie, médiation ou autres…). Cette vérification permettra d’éviter d’employer la méthode de manière biaisée pour faire une leçon à l’autre - qui se sentira par ailleurs manipulé- comme le chacal qui se déguiserait en girafe pour parvenir à ses fins.
Exemple d’une conversation simple :
Version chacal : « T’es vraiment nul de pas m’avoir répondu, pourquoi tu te comportes comme ça ? c’est immature et méprisant, c’est trop facile, je comprends pas, alors que mon message était pourtant respectueux... »
Réponse possible : « Et toi alors tu t’es vu ? comment tu me parles ? c’est quoi ces procès… tu me saoules, je suis surchargé en ce moment, ça t’arrive d’y penser ??? »
Version girafe «modèle»: « je t’ai envoyé un email important pour moi il y a 3 semaines et je n’ai pas eu de réponse de ta part, cela m’a déçu, mis dans un état d'incertitude et d'attente ainsi qu' en colère car j’ai besoin d’avoir une bonne communication avec toi et de conserver un lien apaisé et confiant, et surtout d’avoir une réponse sur les sujets que j’avais évoqués.
Pourrais-tu me dire pourquoi tu ne m’as pas répondu ? Et serait-il possible, à l’avenir que l’on se réponde dans des délais que l’on estimera ensemble raisonnables, ne serait-ce, le cas échéant, que pour m’expliquer simplement pourquoi on ne peux pas ou n’a pas envie de se répondre?
-Accepterais-tu enfin de me dire comment tu as entendu ce que je viens de partager et comment tu te sens par rapport à ça ? »
On pourra plus simplement à titre de pense-bête se souvenir dans un premier temps des 3 grandes clés qui sont utilisées en CNV:
1. Je parle de moi
2. J'écoute silencieusement
3. Je reformule ce que j'ai compris
Sans oublier que l'enjeu crucial sera d'éviter la réactivité et de ne pas décharger sa colère directement sur l'autre personne (il existe plusieurs techniques de décharges émotionnelles) . Et d'utiliser si nécessaire un bâton à parole si trop d'interruptions.
On gardera en tête qu'en cas de conflit, utiliser la règle du plus conscient sera facilitante, c'est à dire que la personne qui pense être la plus consciente des enjeux liés au conflit aura plus de chance d'impulser une résolution en faisant le premier pas vers l'autre, même si elles se sent "victime".
Accompagner le dialogue de gratitudes, c'est à dire de points positifs, permettra souvent de mettre du soin dans la relation et de permettre une meilleure écoute de ses interlocuteurices.
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Du bon usage de la pratique
Rassurez-vous, il s’agit dans l'exemple précédent d’une version de démonstration volontairement scolaire, car toutes aussi efficaces qu'elles soient, les méthodes n'auront pas vocation, comme c'est souvent le cas lorsqu'elles sont mal comprises ou pratiquées, surtout au début, à être appliquées comme une formule et faire nécessairement taire le "chacal", mais plutôt à mettre son élan de vie et sa spontanéité au service d'un art du dialogue, pouvant alterner entre humour, répartie, et échanges plus posés invitant à la clarté et au discernement. Certains auteurs parleront alors de « CNV de rue », « invisible » (Padovani), ou « clandestine »(D'Ansembourg), autant de langages vivants et naturels auxquels la méthode, surtout intériorisée, s'adaptera, et qui seront reçus et compris avec plus d'aisance et de simplicité par tout un chacun selon son caractère et en fonction du contexte. Dans tous les cas un bon apprentissage de la méthode via une formation reconnue constituera souvent une nécessité pour ceux ou celles qui veulent améliorer efficacement leur communication via une pratique régulière.
Cette méthode en 7 étapes permet ainsi d’établir une discussion authentique, simple et féconde sans sombrer dans les nombreux pièges évoqués en début d'article, en redonnant la place qui lui est due à l’émotionnel.
Elle nous permettra ainsi de débusquer les masques et rôles artificiels auxquels on s'accroche, mais aussi à surveiller, on l'a vu, son intention, son langage et sa façon de parler face à l'autre personne (7 étapes), afin que chacun puisse aborder une conversation sans avoir affaire à un « papa », une « maman », un « agresseur », une « victime », un « sachant », un « serviteur », un « assisté », un « être parfait », un « homme », une « femme », une « variable d’ajustement », "un ange", une « pauvre créature », un "centre du monde ", un "chacal", ou un « troll »….
Il ne s’agit bien entendu pas de supprimer les fonctions ni les conventions sociales nécessaires marqueurs d’une autorité légitime dans des domaines particuliers, ni d’empêcher, par exemple, un policier, un prof, un leader, ou un parent de remplir son rôle (« relations complémentaires »), mais d’écarter l’identification psychologique névrotique qui peut en être faite avec toutes les attitudes néfastes qui en découlent, et qui se traduisent généralement par la déresponsabilisation de ses actes, la fermeture au dialogue, ou l'abus de pouvoir.
Cette méthode, dans la filiation de l'approche centrée sur la personne de Carl Rogers après guerre, conjointement aux travaux similaires de Gordon sur l'écoute active puis Goleman sur l'intelligence émotionnelle et tous ceux qui travaillent sur le développement de l'assertivité (Relation Authentiques, Honnêteté Radicale, Intelligence Relationnelle..), inspire aujourd’hui tout le courant de la thérapie, de la communication et de la psychologie humanistes modernes.
« Quand on se met dans le rôle du guérisseur, on bloque la guérison » M.Rosenberg
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Les 5 accords Toltèques
Rappeler ces grands principes communicationnels, somme toute universels, nous donnera l'occasion, peut-être aussi, d'évoquer les 5 Accords du célèbre chamane Don Miguel Ruiz, comme une petite synthèse de notre propos élargie sous forme de règles de vie fondamentales.
1. Avoir une parole impeccable (cf les 7 étapes de la CNV, méthode ESPERE de l'écologie relationnelle,...)
2. Ne pas supposer (attention au biais de projection qui tend à projeter ce que l'on ne veut pas voir en soi sur l'autre, ainsi que ses peurs et propres mécanismes, souvent inconscients)
3. Ne pas croire aveuglément ce qu'on dit mais rester à l'écoute
4. Faire de son mieux
5. Ne pas prendre les choses personnellement
"Ne pas prendre les choses personnellement", un accord peut-être plus important qu'il n'y paraît puisqu'il nous invite à reconsidérer la relation à « nous-même », qui fait écho finalement à toutes les autres, et qui est généralement figée dans des images auto-dévalorisantes ou faussement vaniteuses, issues notamment de nos éducations et cultures fondées sur la notion de mérite. Des images s'appuyant sur les nombreux biais cognitifs* ou autres injonctions parentales et sociétales** mis en évidence par la recherche en psychologie, et qui entretiennent tous les jugements moralisateurs dessinant l'archipel de nos visions séparées du monde, finissant au mieux par animer nos conversations de comptoir et débats politiques souvent stériles.
*Vidéo: Comment les biais cognitifs trompent notre cerveau et mon article --> ici
** Les injonctions, drivers et permissions établis par l'Analyse Transactionnelle
Messages contraignants(drivers(injonctions) selon l'Analyse Transactionnelle):
"Sois fort"
"Fais plaisir"
"Dépêche-toi"
"Sois parfait"
"Fais des efforts"
"Débrouille-toi"
"Endure"
Messages marentaux/parentaux?
"Pars!"
"Reste!"
"Mérite!"
Quelques drivers sociétaux?
"Agis"
"Sois meilleur"
"Réussis"
"Gagne de l'argent"
"Fais des enfants"
"Sois belle"
"Travaille"
"Consomme"
"Conforme-toi"
"Tais-toi"
"Sois jeune"
"Bats-toi"
...
Selon des recherches en psychologie sociale, seuls 15 % des enfants s'opposeraient aux opinions de leurs parents.
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Le sentiment d'être "quelqu'un": le biais ultime?
Les mécanismes amenant ainsi l’individu à s’identifier à des « personnages », avatars protéiformes d’une entité centrale génériquement appelée « moi », ou « ego », et qui semblent, selon de nombreux spécialistes, se développer dès la petite enfance au cours du développement psychique de l’être humain et être renforcés par les névroses, traumatismes, ou autres conditionnements socio-culturels que nous venons de voir, demeurent néanmoins mal connus, car insidieux et surtout très coriaces, y compris chez les individus s’étant engagés sur des voies de « connaissance de soi » ou même dites « spirituelles » qui ont pourtant paradoxalement vocation à les démasquer…
L’emprise semble parfois telle que des personnes « reconnues » à un moment dans leurs traditions comme étant « illuminées », ou « réalisées », c’est à dire prétendument « sans ego », peuvent finir elles-aussi à se complaire dans des rôles d’"élus" ou de gourous suivis et adorés par de multiples serviteurs et fidèles, avec tout le potentiel d’abus (intellectuel, moral, émotionnel, physique, sexuel, financier,...) qui en découle, l’histoire nous l’a montré maintes fois et nous le montre toujours, les phénomènes d’idolâtrie s’observant d’ailleurs aussi bien en religion et spiritualité, que dans le monde du travail, du spectacle, ou bien sûr de la politique…
« Quand les hommes du genre le plus élevé entendent parler du Tao,
Ils le pratiquent assidûment.
Quand les hommes moyens entendent parler du Tao,
Ils y croient à moitié et puis l’oublient.
Quand les hommes du type le plus bas entendent parler du Tao,
Ils en rient gaiement.
Sans rires, il n’y a pas de Tao . » Lao-Tseu
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Plus loin, plus proche, la non dualité
Certains courants méta-spirituels, comme la non-dualité*, pointent néanmoins cet écueil- parfois comparé à une addiction à « soi-même » ou même à une "hypnose collective"- en démasquant implacablement l’ « individu », reconnu comme étant totalement virtuel, pour ne pas dire fantomatique, ou morbide, si l’ on considère tous les dégâts que la maladie du « moi-je » et du sentiment d’être quelqu’un de spécial occasionne… Ainsi, la mort totale de l’entité fictive psychologique et de ses sentiments associés de séparation, de contrôle et d’agir personnel (cf notion de culpabilité ou de mérite), qui ne se limite pas, dans le meilleur des cas, à une compréhension simplement intellectuelle de son caractère factice (philosophie) mais se révèle au contraire dans un lâcher-prise spontané et une acceptation profonde de la réalité telle quelle dans toutes ses dimensions, est-elle ainsi souvent associée à la notion d’éveil spirituel, d’illumination ou de libération, phénomène qui semble cependant, d’après nos investigations, demeurer aussi rare et insaisissable, que mystérieux.
Les recherches de ces dernières décennies en neurosciences sur la notion de libre-arbitre semblent malgré tout corroborer de plus en plus l’expérience des anciens et des mystiques sur le caractère illusoire d’une telle entité individuelle auto-prétendument libre de ses choix.
Une mise en lumière plus vaste de ces découvertes, que nous estimons essentielles, qui sans pour autant remettre en cause la notion de responsabilité personnelle apparente évidemment nécessaire à la vie en société, pourrait aider notre culture à aborder d’une manière nouvelle notre relation à nous-même, à autrui, tout autant qu’à notre société moderne, mourant littéralement de son individualisme.
« Voir que je ne suis rien est sagesse, voir que je suis tout est amour. » Nisagardatta Maharaj
Plus d’info sur le thème de l’éveil : http://eveilimpersonnel.blogspot.fr/
Trois références de la non-dualité contemporaine : Jeff Foster(Angleterre)lifewithoutacentre.com, Karl Renz (Allemagne), Ramesh Balsekar(Inde).
*ou le Zen(Japon) , le Tao et le Ch’an (Chine), le Dzogchen (Tibet), l’Advaita Vedanta(Hindouisme), le Tantra(Shivaïsme du Cachemire), le Soufisme(Islam)...
Non dualité pour faire un pas de côté, communication authentique pour partager sereinement, deux paradigmes essentiels mais qui devront être complétés :
-en faisant appel à des outils de gestion des conflits* qui nous permettront de prendre conscience des mécanismes généraux qui les sous-tendent, et de connaître ainsi quelques « trucs » pour y faire face rapidement. Comme apprendre à gérer sa colère avec des techniques appropriées(yoga, sport, respiration, méditation active et passive- mind et no-mind-, techniques mentales, arts..)
-En explorant la thérapie pour approcher ses blessures et traumatismes plus en profondeur.
Mais il est un outil oublié et pourtant incontournable qui revient en force en ces temps chahutés : la médiation.
*(Salzer, Stimec, La boîte à outil de la gestion des conflits)
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La médiation, art de la réconciliation et nécessité sociale
Au temps des invasions, lorsque les côlons débarquèrent chez les peuplades indigènes des Amériques, ils commencèrent par éliminer les anciens, les chamanes ou tout autre chef rebelle, sachant qu'il était beaucoup plus facile de convertir une société déstructurée dans ses bases et sa cohésion que de s'attaquer de front à un groupe uni. Comme les vieux arbres sont abattus en premier pour la richesse qu'ils confèrent il en va de même pour l'exploitation de nos sociétés, dont il suffit d'effacer les repères, de couper les racines et les liens pour rendre malléables les individus à merci. Ainsi, au fil des siècles, les sages ont-ils été mis progressivement hors d'état de "nuire", et avec eux le rôle central de "tiers" qui permettaient à l'ensemble de la société de tourner comme une roue autour de son axe sans sombrer dans les luttes de clans, la déchéance, puis le combat au corps à corps, qui se mue in fine, technologie aidant, en déflagration atomique.
Il n'est pas étonnant alors que ce soit essentiellement les autochtones qui nous rappellent à nos outils anciens de régulation, bâtons à parole, palabres, conseils des sages, et surtout à leurs valeurs humanistes sous-jacentes fondées sur le respect de la parole et du lien, nécessaires au maintien de la confiance et à la pérennité du groupe.
Le médiateur, la médiatrice, c'est donc la tierce-personne qui écoute, et qui, curieuse, tend son oreille, laisse le temps, et surtout qui sait être présente sans se laisser happer par un parti-pris, une préférence ou une intention personnelle. C'est celle qui permet aux boxeurs de se donner des coups sans se faire mal, aux lutteurs de se mettre à terre et de se relever plus forts, c'est la sage-femme qui aide et encourage le bébé à naître sans traumatismes, c'est le miroir transparent des "choses" que l'on suppose ou que l’on imagine, c'est le cadre qui permet la transmutation du plomb des non-dits en or.
Être médiateurice, c'est être ainsi catalyseur alchimique de la relation, qui auparavant bloquée dans l'incompréhension et le ressentiment, va enfin pouvoir se dire, en maux et en émotions, surtout, point culminant d'une rencontre au moment duquel peut se révéler une compréhension mutuelle nécessaire à la catharsis et qui permet d'envisager pour les médiés un nouvel avenir, de nouvelles solutions sur des bases enfin saines.
Oubliée par notre civilisation et redécouverte depuis peu, la médiation et ses différents courants(dont l’approche restaurative*) constitue un axe majeur du "changement de paradigme". C'est le processus de cure et de prévention qui permet de passer de la logique punitive du procès ou du clanisme à une logique réparatrice, de rechercher des solutions ad-hoc, créatives, et responsabilisantes pour les parties qui peuvent redécouvrir pleinement le pouvoir de leur auto-détermination (empuissancement) et qui nous rappelle que l'individu se retrouve à la peine pour résoudre seul ses conflits, et qu’il peut apprendre à demander de l’aide avant qu’il ne soit trop tard, quel que soit le sujet : famille, voisinage, travail, amis, commerce, vie sociale... et communautaire !
Humilité donc, courage bien sûr, et authenticité, enfin, car il s'agit de redevenir Homme, Femme, Enfant, humain, animal conscient, sans filtre d'un feu qui redevient lumière, et quel rite de passage alors, que de pouvoir traverser ses conflits et ses peurs, de sauter vers l'Un connu, et de redevenir à l'origine !
« Pour s’implanter, le totalitarisme a besoin d’individus isolés et déculturés, déracinés des rapports sociaux organiques, atomisés socialement, et poussés à un égoïsme extrême. » Annah Arendt
*cf les cercles restauratifs de Dominic Barter
Nous avons abordé les fondamentaux de la gestion des conflits, et évoqué les différentes approches concrètes qui selon le contexte peuvent être utilisées séparément de manière efficace.
Et s'il existait un outil qui pouvait nous aider à nous orienter vers ceux qui nous conviennent, et même les combiner ensemble ?
Session de forum de ZEGG
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Le Forum de Zegg,
Intelligence émotionnelle en action
"Foule dans le bain chasse le caïman" proverbe africain
De quelle prison venons-nous ? Combien d'oppressions à notre libre-parole avons-nous subi et fait subir aux autres tout au long de nos existences, souvent même sans le vouloir ? Famille, école, travail, société, combien de fois avons-nous crié pour nous faire entendre, et combien de fois, surtout, nous sommes-nous "tus"? Jusqu'à enfouir nos colères et nos peurs, nos hontes et nos pleurs... Jusqu'à étouffer nos joies et notre innocence, jusqu’à même perdre parfois la notion de sens...
Long fut le chemin, pour retourner jusqu'ici, le forum, ce creuset des émotions, dans lequel nous nous proposons maintenant de rentrer...
Matière, lumière, corps, esprit, mouvement, de soufre en souffle, prenons ce cercle comme une invitation à ressusciter notre âme...
Car aller au centre, cela peut-être rugir comme un dragon ou s'ouvrir délicatement comme une fleur, cela peut-être doux, cela peut-être dur, étonnant, souvent, parfois en silence, et revenir à ce qui est, dans son (un)perfection, tel quel, sans juger ou chercher à comprendre...
Être au centre, c'est toucher le cœur de chacun.e, bénéficier de la force magique de la tribu ainsi réunie, et parler enfin, vraiment, dans une écoute inédite et sacrée offerte par nos compagn.es qui dansent avec les loups... Le Forum de ZEGG ou la possibilité d'une transformation vivante et collective de nos énergies, de ce qui est là, présent, et qui attend parfois depuis des milliers d'années, pour enfin se laisser dessiner les contours du nouveau monde où le goût de la vérité sera redevenu notre boussole.
En un voyage hors du temps et de l'espace, libérons maintenant et pour toujours ce qui meurt d'envie de vivre..
Le Forum de Zegg en pratique
Le Forum de Zegg est un outil d’intelligence émotionnelle collective venant de la communauté de ZEGG en Allemagne qui rassemble plusieurs dizaines de personnes et s'est spécialisée dans le domaine de l'écologie et de l’expérimentation relationnelle, au même titre que Tamera au Portugal ou Los Portales en Espagne. Développé depuis plusieurs décennies il reprend les principes du théâtre, de la thérapie, des groupes de rencontre de Carl Rogers et d'une manière générale des cercles de parole au sein desquels chacun.e peut s'exprimer sans être interrompu, comme le faisaient traditionnellement les amérindiens et autres tribus autochtones, mais aussi l'esprit du forum antique tel qu'il est devenu aujourd’hui, c'est à dire une place publique où les citoyens viennent partager sur des sujets ou des thématiques qui les concernent. Destiné aux collectifs de vie, et par extension à tout groupe ayant un intérêt commun, il a vocation à favoriser et approfondir la libre-parole des individus qui souhaitent s'exprimer, dans un esprit de partage intime et de découverte, plus que de débat intellectuel, bien que des idées ou des opinions soient souvent émises, notamment dans une de ses variantes qu’est le forum dit « thématique ».
Utilisé de manière occasionnelle, régulière ou au sein de sessions de plusieurs jours ponctués par des temps de connexion, de jeux, de vie collective, et de vivre-ensemble qui développent la confiance, il est cadré par les principes de bienveillance et d'écoute auxquels les participants se doivent d'adhérer. Le cercle appelle ainsi à l'attention de tous envers le protagoniste qui se lève spontanément et rentre " au centre" comme sur une scène de théâtre, à la différence près qu'il vient jouer son propre rôle, à partir de ce qu’il a à dire sur le moment, avec l'aide de deux facilitateurices qui viennent soutenir l’ expression de sa personne. Une fois revenu à sa place, il peut bénéficier de "miroirs" non-jugeants de la part du groupe, qui viendront apporter une autre résonance à ce qu'il vient de partager. Les miroirs ont ainsi vocation à apporter un éclairage différent sur les personnes, parfois sur des zones cachées, invisibles, ou encore inexplorées, dans un esprit de saine curiosité, mot qui dans son sens étymologique désigne la capacité à "prendre soin". La notion de feedbcak est ainsi fondatrice du forum, puisque comme tout écosystème évolutif et intelligent le groupe et ses membres se nourrissent sans cesse mutuellement du retour d'expériences de chacun.e.
Toutes les propositions de facilitation sont ainsi permises: focusing, dialogues, constellations, jeux de rôles, clowns, théâtre, mises en scène, silence, ou autres outils que les participants seront libre d'accepter ou de refuser à chaque instant, voire eux-mêmes de proposer, comme dans un jeu.
Car le principe majeur du forum est aussi de « parler en je » (Gordon), se montrer souverain et authentique dans ses choix, sa créativité, dans l'expression de son vivant, dans ses ombres et ses lumières, ses forces et faiblesses, sa vulnérabilité... Et s'il ne devait rester qu'une valeur ce pourrait bien être celle-là, à laquelle les facilitateurices ne dérogent pas puisqu'il s'agit d'une des rares structures où ces dernier.es peuvent rentrer eux-aussi dans l'arène et se mettre à nu, au même titre que tous les autres membres du groupe. Force d'exemple.
Ainsi, comme les frêles branches jointent ensemble deviennent incassable, l'humain enfin socialement réconcilié, corps, âmes et esprit peut-il parcourir de nouveau le long voyage qui le mène vers l'indicible maintenant.
Ne pas savoir est la vraie connaissance.
Présumer savoir est une maladie.
Prends d’abord conscience que tu es malade ;
alors tu pourras commencer à guérir.
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Intelligences collectives
Cercles de parole, forum de Zegg, partages, rituels et explorations de groupe, les applications de ces principes collectifs d'accueil et d'écoute horizontaux du vivant et pourrait-on dire de démocratie profonde se déclinent en différentes voies, que ce soit dans les formes que peuvent prendre ces cercles, thématiques on non, limités ou non par le temps, mais aussi dans leurs orientations:
-Éducation*(Pédagogies alternatives, Montessori, Steiner, écoles démocratiques, école de la nature...)
-Thérapies( individuelles ou de groupe basées sur la CNV et la psychologie humaniste, communication authentique, écoute active(Rogers), co-écoute(Gendlin), méditation...)
-Gestion de projets* ( Rêve du Dragon, mandala holistique, Méthode PAT Miroir, des post-its, Chapeaux de Bono, médiations de projet, et plein d'autres...)
-Animation de groupe*(Forum Ouvert, jeux coopératifs, débat mouvants, ateliers de connexion..)
-Gestion des conflits(co-écoute, cercles restauratifs, médiations et gestions de conflits, entraides affectives, palabres, rencontre cœurs à cœurs, théâtre forum, process work, constellations familiales, forum de zegg...),
-Réflexion collective(co-dev, world café, groupes de paroles, forums thématiques, débats mouvants...)
- Rites(cercles d’hommes, de femmes, cérémonies de réconciliation , cercles de gratitude, de dons, de pardon, rencontres deux à deux, musique, danse, art, guérison…)
-Spiritualité (voies d’orientation non -duelles***)
ou
-Prises de décision.
Sur ce dernier thème particulièrement central de la politique, il est à préciser que le principe du consensus (un humain, une voix), pratiqué d'ailleurs avec plus ou moins de bonheur à l’institution humaine la plus élevée qu’est l'ONU, a inspiré des innovations majeures telles que la sociocratie dans les années 70. Cette gouvernance incarne depuis la plus connue des gouvernances dites "alternatives", ou "partagées" et qui s'épanouit aujourd'hui au travers d'autres approches telles que l'Holacratie ou autres gouvernances dites "cellulaires", "organiques", mixtes ou "intégratives", dont le principe de gestion par consentement pour les décisions dites stratégiques a permis de parer aux écueils traditionnels du veto, tout autant que la problématique de la gestion du temps, de la régulation du leadership et des macro-groupes humains.
Ces modes de prises de décision se retrouvent largement utilisées aujourd'hui dans les habitats collectifs, participatifs ou associations, qui nécessitent une cohésion sociale très forte et que le mouvement des Oasis issu des Colibris de Pierre Rabbhi a largement contribué à faire émerger depuis plus de 10 ans.
*"Faire Ensemble" : des outils participatifs pour les groupes, associations et collectifs Robina Mc Curdy
** voir le paragraphe dédié plus haut à ce sujet
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Le rite du « nettoyage de canal », un outil relationnel simple et puissant pour se réconcilier( autrement nommé Karma Cleaning, Unfinished business, Rituel Rose épine bourgeon, Rituel de Réconciliation)
Prendre sa douche ou son bain, faire sa toilette quotidienne, le ménage dans sa demeure…
Quoi de plus trivial pour se sentir bien?
Le rite du « nettoyage de canal », ou « rencontre deux à deux » permet la même chose, mais entre deux ou plusieurs personnes. Tel un canal d’irrigation qui se serait bouché avec le temps par la terre, les roches, les végétaux, les déchets en tous genres et qu’on prendrait le temps de déblayer à chaque saison pour rétablir le flux, le rituel permet une hygiène relationnelle qui consiste à prendre un moment solennel, à intervalles régulier du mois ou de l’année, qui nous permet d’aller à la rencontre de chacun.e, de se regarder, et de se dire, sans répondre, trois choses :
- ce que j’ai apprécié ou que j’apprécie chez toi ( un/des événements, une/des qualités...)
- ce qui est ou a été plus difficile pour moi dans notre relation(un/des événements, un/des aspects du caractère de l’autre personne...)
- Ce que je nous souhaite pour la suite, puis proposer si nécessaire d'échanger dans un autre temps sur ce que je viens de lui partager, remercier et se diriger vers quelqu'un d'autre.
Outre les enseignements que peuvent apporter les réponses aux questions en elles-mêmes, le rituel induit une économie d’énergie assez conséquente en terme d’effacement des préjugés, suppositions et autres projections qui habitent notre mental et parasitent une grande partie de notre quotidien. Par le soutien du groupe, l’ouverture se fait plus en confiance et offre un marche-pied vers une discussion approfondie ultérieure si nécessaire. Enfin, reconnaître les qualités d’autres personnes est un gage majeur de confiance et de chaleur pour le lien ainsi que la santé et la vitalité du groupe.
Cette tradition -Ô combien ancienne- de se parler avec sincérité et bienveillance de manière ritualistique, est notamment pratiquée par les Masaïi qui avant d’émettre ce qui pourrait être perçu comme une critique par l’autre personne ajoutent toujours deux éléments qu’ils apprécient ou ont apprécié pour compenser, en prenant soin de se tenir par les avant-bras..
On retrouve des variantes de ce rituel collectif dans les "cercles de gratitude" ou de "dons" pratiqués dans différentes communautés ou celui dit «cérémonie de réconciliation » à la communauté de l’Arche, qui à chaque saison s’offre en chant et musique une demi-journée toute faite de larmes, de câlins et de joie qui vient libérer le coeur et l’esprit de l’ensemble de la communauté ainsi prête à faire la fête pleinement.
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Les Oasis ou l'art du vivre-ensemble
Ainsi, partager sur le plan émotionnel et sur son vécu -et l'expérience nous le montre- amène-t-il inexorablement au partage matériel et la mutualisation des biens collectifs, de par le développement naturel de l'empathie que l'ouverture du cœur engendre, mais aussi la prise de conscience plus nette des mécanismes relationnels et des contraintes financières et écologiques qui façonnent les communautés humaines sur la voie de la résilience. Le mouvement des oasis s'est ainsi fondé sur cinq principes fondamentaux pouvant être appliqués dans les habitats collectifs ou autres "oasis ressources", qui peuvent être considérés comme des pionniers de l'émergence du monde de demain et ont l'avantage, par rapport aux discours politiques contemporains, d'être déjà en marche.
-Agriculture et autonomie alimentaire
-Éco-construction et sobriété énergétique
-Mutualisation
-Une gouvernance respectueuse
-L’accueil et l’ouverture sur le monde
Pour aller plus loin sur ce thème:
Diana Leaf Christian, Vivre autrement - Ecovillages, communautés et cohabitats
Audrey Gicquel, Les clefs de l'habitat participatif: Mes expériences du vivre-ensemble
Fabien Le Dolley





