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4. Biais sociaux, relationnels et égotiques

 

Biais culturel et linguistique

Le biais culturel est la tendance à interpréter et juger les choses à travers le prisme de notre propre culture. Cela peut-être par exemple des raisonnements de type ethnocentrique (je juge une culture différente en fonction de mes propres références). Lorsqu’il s’agit de l’analyse du comportement des espèces animales en fonction de nos propres comportements on parle d’anthropocentrisme..

Le biais linguistique est quant à lui la tendance à percevoir et interpréter le monde selon les caractéristiques linguistiques de la langue parlée.


 

Biais de pouvoir sur autrui

« Que quiconque possède le pouvoir ait tendance à en abuser est une vérité éternelle ». Montesquieu

La célèbre expérience de la prison de Stanford de Zimbardo, où celles sur la diminution de l’empathie des individus en fonction du pouvoir qui leur est conféré ainsi que de leur statut social(Galinsky, Kraus, Muscatell..), autant que celle sur les comportements inciviques des automobilistes qui augmentaient avec la classe de leur voiture, corroborent la pensée de l’auteur de L’Esprit des Lois.

 

Le biais pro-endogroupe pousse à préférer les personnes appartenant à notre groupe (famille, amis, collègues, nationalité, etc.) par rapport aux autres. Ce biais est une adaptation de l’évolution qui favorise la cohésion et la solidarité au sein d'un même cercle. Il peut mener à des comportements de rejet ou à une perception péjorative des groupes externes. Le biais pro-endogroupe peut engendrer le repli sur soi et peut être un obstacle à l'intégration sociale et à la coopération entre différents groupes. Le clanisme, les dérives sectaires, communautaristes ou nationalistes en sont des exemples.

Biais de stéréotypes (conscients ou inconscients)

Les stéréotypes sont des croyances souvent simplifiées et rigides sur un groupe de personnes, qu'elles soient positives ou négatives. Les préjugés sont des jugements ou des attitudes émotionnelles, souvent négatives, basées sur ces stéréotypes. Ils façonnent notre manière d’interpréter les actions des autres, orientent nos comportements envers certains groupes et biaisent nos décisions en renforçant des idées préconçues. Ils peuvent mener à des discriminations ou à des malentendus, tant dans les relations personnelles que dans des contextes professionnels ou sociaux. Associés à d’autres jugements ils peuvent créer et renforcer des tendances comme le sexisme (misogynie, misandrie, transphobie, homophobie), la xénophobie, le racisme, la pauvrophobie, le classisme, le validisme, l’agisme, la discrimination autochtone, l’aversion à l’ambiguïté (aux idées différentes), à la disharmonie, etc...et toutes les oppressions qui en découlent.

 

Biais de projection

Le biais de projection, qui crée préjugés et d’incompréhensions est extrêmement répandu, et est à l’origine de nombreux conflits interpersonnels. C’est un phénomène cognitif où une personne projette ses propres pensées, sentiments ou comportements , souvent inconscients, sur autrui. En d'autres termes, elle suppose que les autres pensent ou agissent comme elle le ferait dans une situation donnée ou leur prête de mauvaises intentions (le voleur qui a peur d’être volé).

Ce biais est proche de la lecture de la pensée d'autrui.

"Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. "Christian Bobin

Il peut y avoir dans le langage courant une confusion avec l’effet miroir (biais de mimétisme), qui est une tendance à imiter inconsciemment et sans réflexion critique le comportement, les attitudes, les choix d’autres personnes, comme les travaux de Bandura et sa poupée Bobo l’ont montré.

 

Le biais d'attribution causale est la façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres.

 

Le biais d'attribution hostile, lui, se manifeste par la propension à attribuer à autrui une intention hostile et ce même si l’intention est ambiguë ou bénigne.

 

Le recours au bouc émissaire représente une forme d’attribution hostile incrémentée, où la cause réelle (souvent structurelle ou contextuelle) est masquée au profit d’un responsable visible et facilement identifiable. La fonction est de réduire l’anxiété collective en localisant la faute, l’incertitude et l’anxiété qu’elle génère dans le cas inverse étant souvent vécue comme pire qu’un péril, même exagéré, mais dont on peut cerner les contours.

Les condamnations pour l’exemple sont aussi des formes de bouc-émissairisme, en concentrant de manière excessive une peine, même légitime, sur un ou quelques individus.

 

Biais de mérite (ou mythe du mérite)

Croyance selon laquelle les réussites ou échecs d’un individu sont exclusivement le résultat de ses efforts, talents ou compétences, en ignorant les facteurs structurels, sociaux, économiques ou systémiques qui influencent les opportunités.

Ce concept est souvent associé à la théorie de la méritocratie (Michael Young, 1958) Elle est utilisée pour critiquer les systèmes qui prétendent récompenser "le mérite" sans reconnaître les inégalités de départ.

Exemples :

Dans l’éducation :
“Celui qui travaille bien réussit” : ignore les inégalités d’accès aux ressources, au soutien familial, à la qualité des écoles, les aléas de la vie.

Dans le monde professionnel :
“Les meilleurs sont promus” : occulte les biais de genre, de classe, d’origine, ou de réseau.

Dans la société :
“Les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne travaillent pas assez” : nie les effets de la pauvreté intergénérationnelle, du chômage structurel, des discriminations, des systèmes de reproductions des élites.

Ce biais est lié au biais de cohérence et est utilisé pour justifier les inégalités sociales et les écarts de richesses, qui autrement seraient considérées comme immorales. Il culpabilise les personnes en difficulté, invisibilise les discriminations et justifie des politiques qui ne les prend pas en considération. (« les gens qui ne travaillent pas ne méritent pas d’être aidées car c’est leur choix ou bien elles ne sont pas utiles à la société ».)

 

« Le mérite est souvent le produit d’un capital social, culturel et économique préexistant, plus que d’un effort individuel pur. » Pierre Bourdieu

Sophisme génétique

Tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme. En relation avec les sophismes d’attaque ad hominem ou ad persona pour contrer de manière erronée un argument qui peut déranger.

 

L'erreur fondamentale d'attribution 

Juger une personne de manière hâtive sans prendre en considération le contexte.

Exemple: si telle personne me bouscule dans le couloir, c’est que cette personne doit être rustre, alors qu’en fait de multiples raisons externes peuvent expliquer son geste ( retard, urgence, distraction...)

Biais acteur / observateur

La même chose mais inversée lorsqu’il s’agit de nous. En l’occurrence attribuer nos propres actions à des facteurs externes, tandis que nous attribuons les actions des autres à leur caractère ou intentions.

Biais d'intentionnalité

Consiste à percevoir l'action d'une volonté ou d'une décision derrière ce qui est fortuit ou accidentel.

Biais de statu quo 

La nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement. (proche du biais d'omission)

 

Biais de normalité

Tendance à penser que tout va se passer comme d'habitude et à ignorer les signes avant-coureurs.

L’effet Benjamin Franklin est un biais cognitif qui nous pousse à apprécier davantage une personne après lui avoir rendu service. 

 

La surabondance des choix,  désigne un phénomène psychologique dans lequel la multiplication des options disponibles complique le processus décisionnel et diminue la satisfaction. Un phénomène consubstantiel à la société de consommation, notamment dans la sphère relationnelle et dans le marché de la séduction.

L'effet Hawthorne a été montré par l' expérience du même nom qui a mis en évidence que l’humain met plus de qualité dans ses activités lorsqu’il sait qu’il est observé.

Ce que montre aussi l’effet Pygmalion, qui est l’influence(en positif ou négatif) exercée sur l’évolution d’une personne par l’intention de quelqu’un qui possède un regard sur elle et qui fait autorité.

Préférence pour la beauté 

Les humains ont tendance à associer la beauté à des traits positifs (compétence, moralité, intelligence, etc.).

À l’inverse, ce qui est perçu comme « laid » peut être associé à des traits négatifs, même sans fondement objectif.

Cela peut conduire à une aversion inconsciente envers ce qui est jugé laid, qu’il s’agisse d’une personne, d’un objet ou d’un environnement.

 

Biais de désirabilité sociale

Vouloir se présenter sous un jour favorable à ses interlocuteurs. Un phénomène lié à la séduction et au besoin d'appartenance.

Effet de halo

Une sélection d'informations allant dans le sens d'une première impression positive que l'on cherche à confirmer. Par exemple associer des qualité de compétence à une personne qui dégage une impression visuelle positive(biais de beauté).

Biais d’égo

Les biais d’égos vont intervenir plus spécifiquement dans la représentation que l’on a de soi.

Illusion de contrôle : croire qu’on maîtrise des situations aléatoires (assez proche du biais de personnalisation)

Effet de surconfiance, supériorité illusoire

Les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence. (Un effet qui peut mener dans les organisations au principe de Peter, ou d’incompétences, quand des agents montent en grade dans des organisations sans avoir pour autant les compétences des postes dédiés)

Biais d'auto-complaisance

Se croire à l'origine de ses réussites, mais pas de ses échecs, qui sont en ce cas la faute des autres ou de l’environnement. Le biais d'immunité à l'erreur est en toile de fonds.

Biais d'optimisme

Surestimation des chances de succès et sous-estimation des risques.

Biais de pessimisme

Tendance à anticiper des résultats négatifs de manière excessive.

 

Biais d'engagement

Tendance à poursuivre l'action engagée malgré la confrontation à des résultats de plus en plus négatifs. (C'est le piège abscons théorisé par Kurt Lewin). Principe d'entêtement.

Biais égocentrique

Se juger sous un meilleur jour qu'en réalité.

 

Biais de narcissisme 

Tendance à se voir comme central, supérieur ou exceptionnel. Lié au trouble de la personnalité narcissique.

Effet ascenseur social ou addiction au pouvoir

Habituation addictive au niveau de vie plus élevé atteint. La montée est à sens unique. Sauf exception, il n'y a de descente que contrainte. (argent, statut social, pouvoir, succès)

 

Effet rebond

Une pensée que l'on cherche à inhiber devient plus saillante.

L’illusion de transparence est la tendance qu'ont les individus à surestimer la connaissance que les autres ont de leur état mental. Une autre manifestation de l'illusion de transparence (parfois appelée l'illusion de transparence de l'observateur) est la tendance qu'ont les individus à surestimer leur capacité à comprendre l'état mental d'autrui. 

 

Effet projecteur

Tendance à surestimer à quel point nos actions, notre apparence ou nos erreurs sont remarquées par les autres.

Le biais de surperception sexuelle observé surtout chez les hommes, que la culture à laquelle ils appartiennent soit genrée ou non, suggérant une tendance à surestimer l'intérêt sexuel des femmes à leur égard.

Des raisons liées à la biologie évolutive sont évoquées.

Ce biais peut conduire à des malentendus, du harcèlement, voire des agressions sexuelles, soulignant l'importance de la communication claire et du consentement dans les interactions:

 

 

5. Les biais de conditionnement social et de consentement

6. Les biais spirituels et de dualisme

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