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1. les biais de mémoire et d'émotions


 

Biais faux souvenir

La mémoire du cerveau n’est pas un disque dur mais un système malléable et en mouvement perpétuel, soumis à imperfections. Aussi : inductions, suggestions, amalgames, réinterprétations, reprogrammations, émotions positives ou négatives, ou influences externes sont autant de facteurs qui peuvent déformer la mémoire que nous avons des évènements, rendant notre mnésie plus ou moins fiable à long terme, surtout si l’histoire racontée n’est plus de première main (téléphone arabe, l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours). Le biais faux souvenir est à l’origine de nombreuses rumeurs, des mythes et parfois même d’erreurs judiciaires.

Selon une étude menée par la City University of London, les chercheurs ont estimé que près de 38,6 % des premiers souvenirs d’enfance des sondés étaient faux. (Sciencestavenir)

Dans une autre expérience, des psychologues anglais auraient ainsi réussi à persuader plus de 50 % des étudiants testés qu’il étaient coupables de vol à mains armés, en mélangeant faits fallacieux et véridiques de leur vie. (https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-fabrique-du-souvenir)

Un phénomène qui peut aller jusqu’à l’effet Mandela qui est la version collective du faux souvenir, c’est à dire une mémoire collective erronée sur des faits ou des évènements précis.

 

De la même manière, le biais de négativité aura un impact prépondérant, c’est à dire que pour des évènements d’intensité égale, ceux qui sont perçus comme négatifs seront mieux retenus et impactants. Il peut conduire à une vision pessimiste ou une hyperprotection. Un biais de négativité très présent chez l’individu nécessite en thérapie un contrebalancement important par des informations positives.

 

Le biais faux souvenir s’accompagne aussi :

 

- de l’ effet de récence qui est le fait d’avoir un meilleur souvenir des derniers évènements.

 

- de l’effet de primauté qui est un meilleur souvenir des premiers éléments d'une liste mémorisée.

 

- du biais d'ancrage qui est l’ influence laissée par la première impression.

 

Le biais de familiarité est quand à lui l’exposition répétée à une personne, une idée, un argument, une situation, qui la rend plus positive.

 

Alors que l'effet d'illusion de vérité est la tendance à croire qu'une information est vraie après une exposition répétée. (On se souvient de la citation d’Orwell « Soixante-deux mille quatre cents répétitions font une vérité »)

 

Biais émotionnels

Si les émotions (joie, peur, tristesse, colère, honte..) sont essentielles pour se connecter à nos besoins profonds et prendre de bonnes décisions, elles peuvent aussi perturber la manière de percevoir des faits, de les juger ou de s’en souvenir de manière objective. Par exemple, je conteste la validité et la probité des juges lors d'un verdict médiatisé car j'ai des affinités avec les condamnés, et ce, bien que je n'aie pas assisté au procès et que je ne connaisse que des aspects superficiels de l'affaire.

C'est le raisonnement émotionnel, qui consiste à juger principalement en fonction de ses émotions, plutôt que sur la base de faits objectifs, de la logique ou de preuves. Ce biais influe sur notre perception des situations, des personnes ou des choix, souvent de manière inconsciente et peut faire prendre des décision qui pourront être perçues irrationnelles ou irraisonnées selon d'autres perspectives..

Les neurosciences montrent ainsi que des états émotionnels particuliers peuvent déconnecter des zones du cerveau liées au discernement. Cela est vrai pour les sentiments amoureux mais aussi pour la colère et le ressentiment, qui peuvent être tout aussi aveuglants lorsqu’ils ne sont pas gérés ou conscientisés.

Le biais émotionnel joue ainsi directement sur l’effet de corne, qui illustre notre tendance à catégoriser rapidement les personnes selon un axe binaire positif-négatif en fonction de sentiments et de préjugés à leurs égards.

Il conduit plus largement au biais de manichéisme qui puise sa source dans une réaction émotionnelle vive créant une image d’ennemi temporaire et une réaction d’attaque/défense primitive à l’égard de la menace perçue. Si maintenu par des confirmations diverses et les conditionnements associés, ce biais mène à la tendance à simplifier le réel en opposant deux forces ou entités distinctes, souvent perçues comme amies ou ennemies, ce qui peut ainsi conduire à une vision binaire et réductrice des situations complexes, en ignorant les nuances et les autres réalités.

En cas de conflits, ce sont les postures psychologiques de persécuteur, de victime, et de sauveur du triangle dramatique de Karpman qui apparaissent (qu'on ne confondra pas avec les statuts légaux de coupables et de victimes nécessaires pour reconnaître et traiter une atteinte au droit). Leurs logiques auto-centrées sous-jacentes vont impliquer une approche compétitive de la résolution , centrée sur l'accusation et la contrainte. L'impuissance vécue dans des situations de violence qui n'ont pas été résolues peut ainsi conduire au phénomène d'aversion à la vulnérabilité, un état associé de manière excessive à l'insécurité vécue au moment du ou des drames,  puis à une recherche de toute-puissance compensatoire de la part des victimes. Dans l'art, les personnages de super-héros qui se font justice par eux-même sont aujourd'hui légion, ou de "Sauveurs" selon une rhétorique plus spirituelle, mais se manifestent plus prosaïquement sous forme de petits chefs, de gourous ou de tyrans. La toute-puissance se développe aussi dans des fantasmagories diverses, notamment dans la sphère sexuelle, ou d'une manière moins marquée, par des tempéraments à tendance autoritaire et dominante, qui chercheront la maitrise pour se sentir en sécurité, voire auront une revanche à prendre sur les autres (recherche de revanche= biais de réciprocité).

"Toute vision du monde est une autobiographie, il n'est pas rare que le choix d'un métier soit un règlement de comptes" Boris Cyrulnik

Il a été démontré que le syndrome victimaire, tant individuel que collectif (voir notamment wikipédia, "syndrome victimaire" …), réduit significativement les chances de résolutions des conflits

Ainsi, les blessures persistantes, vécues dans la phase adulte ou forgées dans la période de développement de l’individu, peuvent générer des phobies et des ressentiments profonds qui vont façonner la psychologie de la personne, en constituant des systèmes de croyances rigides et une représentation du monde qui va s’appuyer sur la peur et la pérennisation de ses protections initiales.

Les résultantes sur les stratégies adaptatives sont variées, de la recherche de domination (oppression sur autrui ou des catégories de population identifiées au mal) à la soumission (intériorisation de la colère, renoncement à son libre-arbitre et dépression) en passant par tout type de psycho-somatisations ou maladies.

C'est le cas pour la dépression et les troubles du stress post-traumatique (TSPT).

2. Les biais de traumas et de dépression

3. Les biais de jugements et de diagnostics

4. Les biais relationnels et biais d'égo

5. Les biais de conditionnement social et de consentement

6. Les biais spirituels et de dualisme

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