LOGIQUE MÉDIATION
Florac, St-Jean-du-Gard, Cévennes, Gard, Lozère, région Sud, visioconférences
ÉCOUTE
GESTION DES CONFLITS
ACCOMPAGNEMENT DE GROUPES
3. Biais de jugement et de diagnostic
Les biais de jugement sont des erreurs systématiques de raisonnement qui influencent nos décisions et nos perceptions. Une combinaison de biais de jugement peuvent, par exemple en médecine, fausser des études, ou aisément mener à des erreurs de diagnostics, comme dans la célèbre expérience de Rosenhan, qui avait envoyé des patients sains en hôpitaux psychiatriques et avaient tous été pathologisés, l’ironie étant qu’après aveu de la supercherie aux médecins, dans une seconde expérience, il envoya cette fois-ci des patients réellement malades, qui, de la part des psychiatres se croyant cette fois avertis, furent renvoyés de l’hôpital sans avoir été diagnostiqués. Une combinaison de ces biais étaient alors présents en toile de fond :
Biais de cadrage
La formulation d'une question ou d'une information peut orienter de manière significative la réponse ou la décision. Dans cet exemple, le fait de dire que les patients sont malades, va orienter l'esprit dans une certaine direction.
Biais de confirmation d'hypothèse
Préférer les éléments qui confirment plutôt que ceux qui infirment une hypothèse. Si les patients sont supposément malades, les médecins vont chercher les symptômes qui le confirment.. Biais très présent dans les études pharmacologiques à visée commerciale. On trouve ce que l'on cherche.
Effet de minorité constante
Une minorité de personnes affirmant avec certitude et confiance une position de manière claire et soutenue peut influencer de manière significative la majorité, même sur la base d’éléments ostensiblement fallacieux. Si les auteurs de l'expérience sont suffisamment persuasifs, je les crois sur parole.
Le biais de catégorisation
Simplifie notre perception du monde en regroupant les informations sous des étiquettes claires, même lorsque la réalité est plus nuancée. Particulièrement valable pour les maladies mentales, pourtant complexes, évolutives, et sujettes aux particularismes.
Conformité
Ce biais implique une préférence pour l'accord et l'uniformité des opinions au sein d'un groupe, plutôt que pour l'expression de désaccords. Dans les années 50 Asch avait établi que 75% des participants de son étude avaient moins une fois volontairement donné une réponse fausse pour se conformer au groupe.
Effet de suggestion sociale
Adopter un comportement ou une opinion parce qu'on pense que c'est ce que les autres font ou pensent.
Biais de l'avare cognitif
Tendance à rechercher l'explication la plus simple. Le système décisionnel fait le choix de l’économie des ressources psychiques et temporelles plutôt que celui d’une rationalité approfondie(cf Système 1 et 2 de Kahneman vu plus haut).
Au delà de ces erreurs de diagnostic assez emblématiques, le domaine de la science tout entier est sujet à biais, quand bien même l’esprit de rationalité fait partie de ses fondements.
Beaucoup d’études ou de recherches scientifiques sont ainsi soumises, en plus des précédentes, aux biais suivants, notamment dans les sciences humaines ou sociales qui ont des résonances émotionnelles importantes et/ou qui sont associées à une part d'interprétation notoire (économie, politique, sociologie, médecine...):
Le biais de causalité
Le biais de causalité désigne la tendance à attribuer à tort une relation de cause à effet entre deux variables simplement parce qu’elles sont corrélées ou apparaissent simultanément. Par exemple, la vente de crèmes glacées augmente aussi avec le nombre de noyades = corrélation mais pas causalité, qui fait plutôt intervenir la variable météorologique.
Biais d’autorité
Tendance à suivre ou à accorder plus facilement du crédit à des personnes qui disposent d’autorité. La célèbre expérience de soumission à l’autorité de Milgram en est un des ses corollaires.
Biais de majorité
Variante du biais de conformité (évitement des conflits), il désigne la tendance à adopter les opinions, comportements ou décisions de la majorité d’un groupe, même lorsqu’ils sont contradictoires à son propre jugement.
Biais de représentativité
Considère un ou certains éléments comme représentatifs d'une population.
Le biais de distinction
Pousse à exagérer les différences entre des éléments qui, objectivement, sont très similaires.
Le biais de l'induction
Généralisation erronée à partir de faits non représentatifs ou manquant de précision. Génère une tendance aux stéréotypes ou aux préjugés.
Biais d’essentialisme
Tendance à croire qu’un groupe, une catégorie ou un objet possède une essence fixe qui détermine ses caractéristiques fondamentales.
Biais de proportionnalité
Favoriser l'idée potentiellement fausse que si l'on observe une augmentation des manifestations d'un phénomène, c'est que le nombre d'occurrences de ce phénomène croît en effet, sans voir que cette augmentation peut n'être que la conséquence de l'amélioration de l'outil d'observation.
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Les biais de jugements, fort nombreux, et dont je vous offre un simple échantillon, sont donc omniprésents et vont avoir nécessairement un impact sur la sphère relationnelle, qui dispose elle aussi de ses biais spécifiques.
4. Les biais relationnels et biais d'égo
5. Les biais de conditionnement social et de consentement